L’Inde enregistre une fécondité inférieure au seuil de remplacement alors que le coût de la famille reconfigure les choix
La baisse du taux de natalité en Inde est passée du statut de succès en matière de contrôle démographique à celui de signal d’alerte économique et social. L’histoire ne se résume pas à un rejet de la parentalité par les Indiens.
En 30 secondes
- Le Sample Registration System indien a enregistré un indice synthétique de fécondité de 1,9 naissance par femme en 2023.
- Le National Family Health Survey a placé l’indice synthétique de fécondité de l’Inde à 2,0 en 2019-21.
- Le rapport 2025 de l’UNFPA a constaté que les limites financières affectaient la capacité de 39 % des adultes interrogés à atteindre la taille de famille souhaitée.
- Eurostat indique que l’indice synthétique de fécondité de l’UE est tombé à 1,34 naissance par femme en 2024.
L’Inde (république d’Asie du Sud et pays le plus peuplé du monde, selon les estimations démographiques de l’ONU depuis 2023) est au centre de cette histoire. Le Sample Registration System (grande enquête démographique officielle indienne menée par l’Office of the Registrar General) suit les naissances, les décès et la fécondité entre les recensements. Le National Family Health Survey (enquête périodique indienne sur la santé des ménages, plus récemment NFHS-5 en 2019-21) mesure la fécondité, la contraception et la santé familiale. L’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population, l’agence de l’ONU pour la santé sexuelle et reproductive) cadre la question autour du choix reproductif plutôt qu’autour d’objectifs nationaux de natalité. YouGov (société internationale de sondage fondée en 2000) a mené l’enquête transnationale utilisée dans le rapport 2025 de l’UNFPA. Bihar, Uttar Pradesh, Madhya Pradesh, Rajasthan, Chhattisgarh et Jharkhand (grands États du nord et du centre de l’Inde) figurent parmi les États encore au-dessus du seuil de remplacement dans les récents rapports indiens. Delhi (territoire de la capitale nationale de l’Inde) est citée comme l’une des juridictions à la fécondité la plus faible.
Contexte
L’Inde a commencé la planification familiale conduite par l’État dans les années 1950, bien avant que de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire n’adoptent des programmes nationaux de fécondité. Les données UN World Population Prospects placent l’indice synthétique de fécondité de l’Inde au-dessus de cinq naissances par femme dans les années 1950 et sous deux naissances par femme au début des années 2020. L’Emergency de 1975-77 reste un précédent qui appelle à la prudence, parce que les campagnes de stérilisation coercitives ont entamé la confiance dans la politique démographique. À l’inverse, NFHS-5 a lié la baisse de la fécondité à un recours plus large à la contraception, à l’éducation, à l’urbanisation et aux différences entre États. Le tournant actuel consiste donc à passer de la réduction des naissances à la gestion du vieillissement, des déséquilibres régionaux et du choix reproductif.
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- Publié le:
- 14 Jun 2026, 02:00
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- 10 Jun 2025, 02:00
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