L’OIT et l’UNICEF recensent 138 millions d’enfants au travail dans le monde
L’Organisation internationale du Travail et l’UNICEF estiment que 138 millions d’enfants étaient astreints au travail des enfants en 2024, dont 54 millions dans des travaux dangereux, après que le monde a manqué l’objectif de l’ONU visant à éliminer le travail des enfants d’ici 2025. Les chiffres OIT-UNICEF montrent une baisse par rapport aux 160 millions d’enfants recensés en 2020, mais le rapport indique que les progrès restent trop lents et inégalement répartis selon les régions. L’agriculture demeure le principal secteur, les chiffres OIT-UNICEF situant 61 % des cas dans les exploitations agricoles, la pêche, la sylviculture et l’élevage. Les services représentent 27 % et l’industrie 13 %. Pour les lecteurs de Belgium Pulse, le lien principal n’est pas le travail des enfants en Belgique, mais la responsabilité dans les chaînes d’approvisionnement : les règles de l’UE sur les produits issus du travail forcé et le devoir de vigilance des entreprises déplacent la question de la politique d’aide vers les douanes, les marchés publics et la conformité des entreprises.
Pourquoi c'est important
Les consommateurs, importateurs, détaillants, entreprises du chocolat et de l’alimentation, vendeurs de vêtements, acheteurs publics et investisseurs belges sont concernés par les chaînes d’approvisionnement mondiales plutôt que par les lieux de travail locaux. Les estimations OIT-UNICEF situent la majeure partie du travail des enfants dans l’agriculture, un secteur lié à des biens du quotidien vendus en Belgique, du cacao et du café aux textiles et aux intrants miniers. La Commission européenne indique que les règles européennes de devoir de vigilance imposeront aux plus grandes entreprises de traiter les incidences sur les droits humains dans les chaînes de valeur mondiales, tandis que l’interdiction européenne du travail forcé ajoutera un outil d’accès au marché.
Impact régional
Perspectives opposées
- OIT et UNICEF
Le rapport OIT-UNICEF présente les derniers chiffres comme la preuve que les politiques publiques peuvent réduire le travail des enfants, mais seulement si les gouvernements protègent l’éducation, la protection sociale et le travail décent pour les adultes. Son argument le plus fort est que la baisse par rapport à 2020 montre que des progrès sont possibles, tandis que l’échéance manquée de 2025 montre que l’élan volontaire est insuffisant.
- Commission européenne
Le cadrage de la Commission européenne sur le devoir de vigilance soutient que les grandes entreprises opérant dans l’UE devraient identifier et traiter les atteintes aux droits humains dans les chaînes de valeur mondiales, tout en évitant des charges disproportionnées pour les petits fournisseurs. Dans cette optique, la prévention du travail des enfants relève en partie d’un problème de gouvernance du marché, et pas seulement d’une question d’aide au développement.
- Chercheurs sur les chaînes d’approvisionnement (Hurt et al.)
Une étude de réseau réalisée en 2023 par Jan Hurt et des coauteurs estime que les liens indirects dans les chaînes d’approvisionnement rendent difficile l’isolement de l’exposition au travail des enfants et au travail forcé entreprise par entreprise. Leur principale mise en garde est que les régimes de devoir de vigilance centrés uniquement sur les liens individuels acheteur-fournisseur risquent de manquer la manière dont les réseaux mondiaux de production denses transmettent réellement le risque.
Connexions en direct de l’écosystème Belgium Impulse — pas des recommandations.
Cette note a été préparée avec l'assistance d'une IA et relue par un éditeur de Belgium Impulse avant publication. méthodologie.
